Base de connaissances Vintro Pro · Le guide

Gestion de stock pour un commerce d'occasion : le guide complet

Sept maillons, du moment où une pièce entre jusqu'à la déclaration. Ce que vous notez, ce que la loi exige en France, en Belgique, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, et là où ça dérape en pratique.

Sur des pièces uniques, gérer un stock n'est pas compter des quantités. C'est tenir sept maillons ensemble.

Dans un commerce ordinaire, la gestion de stock se résume à compter. Il y a dix-sept exemplaires de ce modèle, quatre partent, à cinq on recommande. Dans l'occasion, le vintage et l'antiquité, cela ne fonctionne pas : chaque pièce est unique. On ne peut pas réapprovisionner, il n'y a pas de prix d'achat moyen, et le point de commande — le seuil en dessous duquel on recommande — n'existe tout simplement pas.

Ce qui le remplace est une chaîne. Une pièce entre, reçoit un numéro, reçoit une étiquette, prend place en rayon, ressort avec une facture, et finit dans une déclaration de TVA. Chaque maillon passe le relais au suivant. Si l'un casse, vous ne le voyez que bien plus tard : à l'inventaire annuel, lors d'un contrôle, ou le jour où un client demande combien coûtait ce meuble.

Ce guide parcourt ces sept maillons dans l'ordre où vous les rencontrez. Là où une obligation légale intervient, vous trouverez ce qu'exigent la France, la Belgique, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, avec la source et la date de vérification. Là où il ne s'agit que d'une méthode de travail, c'est dit aussi — cela vous épargne une conversation avec votre comptable.

La chaîne en un dessin

Sept maillons. La rangée du haut, c'est ce qui arrive à la pièce ; celle du bas, ce qui arrive aux papiers. Les deux avancent côte à côte et se touchent à deux endroits : à l'étiquette et à la facture.

LA PIÈCE LES PAPIERS Achat particulier ou confrère Étiquette numéro + prix Rayon les jours défilent Vente boutique, marché, en ligne Bon d'achat qui, quoi, combien Registre marge à part de l'ordinaire Facture avec la bonne mention Déclaration TVA sur la marge reste en rayon → retour au compteur Export
Les maillons tels qu'ils se suivent en pratique. Il y a une boucle : une pièce qui ne se vend pas ne part pas, mais continue de compter dans votre rotation — et c'est justement le maillon le plus souvent oublié.
01

Inventaire : la pièce reçoit une identité

L'inventaire, ce n'est pas seulement le rituel annuel du recensement. Celui-là existe aussi, et il vient plus loin. L'inventaire commence pièce par pièce, le jour où elle entre, et il prend deux minutes.

La raison de le faire tout de suite est banale : ce que vous avez payé aujourd'hui, vous le savez encore ce soir. Dans trois mois, c'est une estimation. Et un prix d'achat estimé donne une marge estimée, donc une TVA estimée. C'est le genre d'erreur qui ne remonte qu'au contrôle, quand il est trop tard pour la corriger.

Un numéro, et ce numéro est définitif

Donnez à chaque pièce un numéro unique, et ne le réutilisez jamais — même si la pièce est vendue, reprise ou mise au rebut. Cela ressemble à un détail jusqu'au jour où vous le faites quand même. Un numéro réutilisé signifie que deux pièces différentes portent la même étiquette, la même ligne de facture et la même ligne de registre, et cela ne se démêle plus après coup.

Un compteur suffit : 1, 2, 3. Une lettre en préfixe pour l'année ou la catégorie est possible, mais restez court — le numéro doit tenir sur une étiquette et pouvoir s'épeler au téléphone. Ce qu'il ne faut surtout pas, c'est le faire dépendre de quelque chose qui peut changer : ni l'emplacement en boutique, ni le prix, ni le fournisseur.

Ce que vous notez par pièce

Voici le minimum. Les sept premiers champs se remplissent à l'entrée, les quatre derniers à la vente. Tout ce qui vient ensuite — dimensions, état, provenance, histoire — est un bonus, pas une obligation.

ChampPourquoi il est là
Numéro de pièceLe fil qui traverse tout : étiquette, registre, facture, photo.
Date d'achatSans date, pas de jours en stock, donc pas de rotation.
VendeurDétermine si la pièce peut relever du régime de la marge. Nom et adresse.
Prix d'achatLe montant payé pour cette pièce-là. Pas une moyenne.
DescriptionCe qu'il faut à un tiers pour retrouver la pièce sans vous.
PhotoSur une pièce unique, la photo est la description. Elle appartient aux données, pas à un dossier séparé.
Prix demandéCe qui figure sur l'étiquette. Si le prix change, vous voulez savoir quand et pourquoi.
Date de venteAvec la date d'achat : combien de temps la pièce est restée.
Prix de venteL'autre moitié de votre marge.
AcheteurNécessaire pour la facture, et pour la preuve en cas de vente à l'étranger.
RégimeMarge ou TVA ordinaire. Ce champ décide de ce qui atterrit dans la déclaration.

La reprise : tout compter une fois

Qui démarre aujourd'hui avec une boutique pleine se trouve devant une montagne. La tentation est alors de commencer par les nouvelles entrées et de faire le reste « plus tard ». Ce plus tard ne vient pas.

Mieux vaut une reprise complète : tout numéroter et photographier une fois, puis basculer. Comptez une à deux minutes par pièce. Sur quatre cents pièces, cela fait une bonne journée de travail — pénible, mais unique, et c'est le seul jour où l'ensemble de votre stock est juste d'un coup. Ce dont vous ne vous souvenez plus côté prix d'achat, notez-le honnêtement comme une estimation et marquez-le comme telle ; cela vaut mieux qu'un chiffre qui a l'air trop précis.

L'inventaire annuel

À côté de cela subsiste l'inventaire classique : à la clôture de l'exercice, vous comptez ce qui est réellement là et vous le valorisez. Pour des biens destinés à la revente, la valorisation se fait au prix d'achat et non au prix demandé — on n'enregistre pas un bénéfice sur ce qui est encore en rayon. Pour les pièces qui ont manifestement perdu de la valeur, c'est la valeur la plus basse qui figure dans les comptes. La méthode exacte est une question pour votre comptable ; ce que vous fournissez, c'est la liste.

L'écart entre ce que vous comptez et ce que dit votre système est d'ailleurs le chiffre le plus utile de l'année. S'il tient à une pièce près, votre chaîne fonctionne. S'il y a vingt trous, vous savez immédiatement où porter l'effort l'an prochain.

Combien de temps faut-il conserver ?

C'est le premier point où les quatre pays divergent, et l'écart est trop grand pour être deviné.

France 5 ans

Après clôture du livre de police.

Belgique 10 ans

Administration TVA, article 60 du Code de la TVA.

Pays-Bas 7 ans

Administration TVA ; 10 ans pour les biens immobiliers.

Royaume-Uni 6 ans

Et davantage tant que la pièce n'est pas vendue.

Quatre pays, quatre délais. Sources : service-public.gouv.fr (France), article 60 du Code de la TVA (Belgique, porté de sept à dix ans par la loi du 20 novembre 2022), la Belastingdienst (Pays-Bas) et gov.uk (Royaume-Uni) — chacune vérifiée le 30 août 2026 pour Que doit contenir votre liste de stock ?, où le détail figure pays par pays.

Attention au Royaume-Uni : le délai n'y commence qu'à la vente. Une pièce qui reste huit ans en boutique a donc un dossier qui vit quatorze ans. C'est précisément pourquoi un archivage papier devient vite ingérable en antiquités.

02

TVA sur la marge : pourquoi votre stock se coupe en deux

Le régime de la marge est la raison pour laquelle la gestion de stock est différente ici de celle de n'importe quel autre commerce. Il existe parce qu'un objet d'occasion a déjà supporté la TVA une fois, à l'état neuf. Appliquer à chaque revente une TVA sur le prix complet reviendrait à empiler cette taxe jusqu'à rendre l'occasion plus chère que le neuf.

La solution : vous payez la TVA sur votre marge et non sur votre prix de vente. En France, cela figure à l'article 297 A du Code général des impôts ; le principe européen se trouve à l'article 315 de la directive 2006/112/CE — la marge est la différence entre le prix de vente et le prix d'achat, diminuée de la TVA contenue dans cette marge. Chacun des quatre pays l'a transposé sous son propre nom et avec ses propres papiers.

Quelles pièces sont concernées

Pas toutes les pièces d'occasion. Le régime ne fonctionne que si vous avez acheté la pièce à quelqu'un qui ne pouvait pas lui-même facturer de TVA. En pratique, trois sources :

D'un particulier

La source la plus fréquente. Un particulier ne facture pas de TVA : la marge est donc le bon point de départ.

D'un exonéré

Une association ou une entreprise sans droit à déduction. Là non plus, pas de TVA récupérable.

D'un confrère sous marge

Un autre marchand qui vend lui-même sous le régime de la marge. Sa facture ne porte pas de TVA déductible.

Si vous achetez avec une facture ordinaire portant une TVA que vous pouvez déduire, la pièce sort du régime. Ce n'est pas un drame — vous déduisez la TVA et vous facturez ensuite la TVA sur le prix complet — mais cela veut dire que les deux types circulent en même temps dans votre boutique. D'où l'obligation de pouvoir les distinguer. Ce qu'est exactement un bien d'occasion au sens du régime, c'est développé dans Que sont les biens soumis au régime de la marge ?.

Les registres : quatre pays, quatre formes

La séparation entre marge et régime ordinaire n'est pas facultative. Si vous ne pouvez pas la démontrer, vous retombez sous le régime ordinaire, avec la TVA sur le prix de vente complet — ce qui, dans l'occasion, dépasse presque toujours la valeur de votre marge.

France Livre de police

Le registre des objets mobiliers, avec l'identité du vendeur.

Belgique Trois registres

Achats, ventes et registre de comparaison. Arrêté royal n° 53 du 23 décembre 1994.

Pays-Bas Opkopersregister

Plus la séparation entre biens sous marge et biens sous TVA dans la comptabilité.

Royaume-Uni Stock book

Pas de forme imposée, mais achat et vente d'une même pièce sur la même ligne.

La même idée, quatre papiers différents. Ce que chaque pays exige champ par champ figure dans Que doit contenir votre liste de stock ? — vérifié pays par pays le 30 août 2026.

Le stock book britannique est le plus honnête des quatre par sa conception : en mettant l'achat et la vente sur une même ligne, il fait disparaître le registre de comparaison belge en tant que document distinct. Qui tient son stock pièce par pièce plutôt que par liste obtient d'ailleurs cette comparaison automatiquement — c'est exactement le travail qu'un tableur vous laisse faire à la main.

Ce qu'est votre marge, et ce qu'elle n'est pas

Votre marge est le prix de vente moins le prix d'achat. Rien de plus. Heures de restauration, pièces détachées, transport, location d'un stand sur une brocante, électricité de l'atelier : rien de tout cela ne réduit votre marge. Le HMRC l'écrit littéralement dans sa notice sur les régimes de la marge — le prix d'achat ne comprend pas les frais de réparation, de remise en état ni les frais généraux, et il est interdit de les y ajouter. Pour les pays de l'Union, cela découle de l'article 315 de la directive.

Ce n'est pas un détail. Qui achète une armoire 200 euros, y met 300 euros de pièces et de travail et la revend 700 a une marge de 500 — pas de 200. La TVA se calcule sur ces 500. La TVA sur les pièces détachées reste généralement déductible en amont, mais c'est un autre mouvement, dans une autre case de votre déclaration.

Ne calculez jamais une marge dans laquelle vos heures sont déjà comptées. Le fisc ne connaît que deux montants : ce que vous avez payé et ce que vous avez reçu.

La TVA contenue dans une marge varie selon le pays. La France et le Royaume-Uni appliquent 20 %, la Belgique et les Pays-Bas 21 % — soit 16,67 euros contre 17,36 euros sur 100 euros de marge. Ces taux figurent avec leur source et leur date de vérification dans Qu'est-ce que la TVA sur la marge ?, et le calcul lui-même dans Comment calculer la TVA sur la marge ?.

Pièce par pièce ou par période

Reste une différence qui coûte réellement de l'argent : calculez-vous votre marge pièce par pièce, ou globalement par période de déclaration sur l'ensemble de vos ventes sous marge ? La globalisation devient intéressante dès qu'il y a des pièces vendues à perte, car une perte sur l'une réduit alors la marge imposable de l'autre. La France calcule légalement pièce par pièce, la globalisation par période étant une option et non la règle de base — BOFiP, vérifié le 31 août 2026. Ne tranchez pas seul : c'est une question pour votre comptable, et la réponse détermine la façon dont votre système doit compter.

⚠️ Pour la Belgique : depuis le 31 décembre 2025, le régime de la marge est exclu après application d'un taux réduit, avec un régime de récupération courant jusqu'au 31 décembre 2026. Loi du 19 décembre 2025, transposition de la directive (UE) 2022/542, commentée par la circulaire 2026/C/14 du 13 janvier 2026. Au 8 septembre 2026, le SPF Finances n'avait pas encore adapté sa propre page sur le régime de la marge — si votre comptable n'en trouve pas trace, c'est la raison.

03

Factures : des deux côtés de la pièce

Autour de chaque pièce, deux papiers : celui de l'achat et celui de la vente. Le second, tout le monde le connaît. Le premier est celui qui manque le plus souvent, et c'est justement lui qui fonde tout votre régime de la marge.

Le bon d'achat chez un particulier

Un particulier n'établit pas de facture. C'est donc à vous d'en faire une, et de la faire signer. Sans ce papier, vous ne pourrez pas démontrer plus tard ce que vous avez payé ni à qui — et sans prix d'achat démontrable, il n'y a pas de marge démontrable.

Ce qui doit y figurer : la date, vos coordonnées, le nom et l'adresse du vendeur, une description de la pièce, le numéro que vous venez de lui attribuer, le montant payé et une signature. En France, le livre de police exige en outre l'enregistrement de l'identité du vendeur — ici, ce document n'est pas seulement fiscal, il est aussi policier. Deux minutes de travail, et c'est le seul papier que vous ne pourrez jamais reconstituer après coup.

La facture de vente

Si vous vendez sous le régime de la marge, la règle la plus importante de tout ce guide se formule en négatif : aucun montant de TVA ne figure sur votre facture. Ni en ligne séparée, ni en colonne, ni sous la mention « incluse ». La TVA que vous versez est votre affaire, pas celle de votre client, et votre client ne peut pas la déduire.

À la place vient une mention indiquant que le régime particulier a été appliqué. La formulation exacte varie selon le pays et la langue ; votre comptable ou votre logiciel vous donnera le texte qui convient. Si vous y faites malgré tout figurer un montant de TVA, vous devez ce montant en plus de la TVA sur votre marge — les mêmes euros deux fois.

Numérotation continue

Les factures suivent une séquence ininterrompue par année. Un trou dans la numérotation est la première chose que voit un contrôle.

Jamais réécrire

Une facture envoyée ne se modifie pas. Une erreur ? Un avoir, puis une nouvelle facture.

Liée à la pièce

Numéro de facture à côté du numéro de pièce. Une question de client se résout ainsi en une seule recherche.

Facturation électronique : c'est ici que les quatre pays s'écartent le plus

C'est le maillon qui évolue le plus vite ces années-ci, et le seul où « sans objet » est une vraie réponse.

France Réception dès le 1er sept. 2026

Pour les entreprises françaises ; émission immédiate pour les grandes et moyennes, 1er sept. 2027 pour les petites.

Belgique Obligatoire depuis le 1er janv. 2026

Entre entreprises assujetties, via Peppol.

Pays-Bas Pas d'obligation

Possible, mais seulement avec l'accord de l'acheteur.

Royaume-Uni Aucun mandat

Le HMRC n'exige pas de facture structurée entre entreprises.

Sources : impots.gouv.fr (France) et efactuur.belgium.be (Belgique), chacune vérifiée le 30 août 2026 ; le calendrier français revérifié le 31 août 2026. Développé dans Dois-je facturer via Peppol ?.

Concrètement pour un commerce français : vous devez pouvoir recevoir une facture électronique dès à présent, et l'émission suit selon la taille de l'entreprise. Vis-à-vis des particuliers, rien ne change — et dans une boutique d'occasion, c'est là que se fait la plus grande part du chiffre d'affaires. L'obligation touche surtout vos ventes aux confrères et aux entreprises.

04

Étiquettes : la seule partie de votre système que le client voit

L'étiquette paraît l'élément le moins technique de la chaîne, et c'est le seul qui soit légalement obligatoire dans les quatre pays avec pratiquement le même contenu. Cela mérite d'être dit une fois à voix haute : ici, les quatre pays sont d'accord.

France Arrêté du 3 décembre 1987

Article 1 : la somme totale TTC en euros. Article 4 : marquage par écriteau ou étiquetage.

Belgique Livre VI CDE, art. VI.3

Par écrit, lisible, bien visible et non équivoque. Prix total TVA et taxes comprises, en euros.

Pays-Bas Besluit prijsaanduiding producten

Articles 3 et 4 : indiquer le prix de vente, TVA et autres taxes comprises.

Royaume-Uni Price Marking Order 2004

Article 7 : unambiguous, easily identifiable and clearly legible, sans que le client ait à demander de l'aide.

Quatre lois, une seule exigence : le prix que le client paie réellement, lisible, sans avoir à le demander. Vérifié le 8 septembre 2026 sur legifrance.gouv.fr (France, LEGITEXT000006057893), economie.fgov.be (Belgique), wetten.overheid.nl (Pays-Bas, BWBR0015104) et legislation.gov.uk (Royaume-Uni, SI 2004/102). Le Royaume-Uni compte en livres, les trois autres en euros.

Le texte britannique prévoit une exception qui sert parfois dans ce métier : les bijoux, métaux précieux et montres de plus de 3 000 livres exposés en vitrine n'ont pas à afficher leur prix en vitrine. Pour le reste, la règle s'applique sans réserve.

Ce que vous y ajoutez en pratique

La loi demande le prix. Votre chaîne en demande davantage. Trois éléments à ajouter parce qu'ils vous épargnent du travail plus tard :

Ce qu'il ne faut pas y mettre, c'est une information qui n'existe que là. L'erreur classique est le prix qui ne figure que sur le carton : ce carton se détache, s'efface ou se retrouve sur une autre pièce, et le prix part avec lui. L'étiquette est une impression de votre système, jamais la source.

Sur les formats : aucune taille n'est imposée. Ce qui compte, c'est que l'étiquette reste avec la pièce. Une étiquette suspendue à une armoire, un autocollant sur un livre, un carton dans une caisse de petits objets — un support différent par type de pièce, mais toujours une impression issue du même système, pour que le prix sur l'étiquette et le prix dans votre liste ne puissent pas diverger. Le fonctionnement dans Vintro Pro est décrit dans le guide sur l'impression des étiquettes.

🧮 Que vous reste-t-il sur une pièce ?

Quatre chiffres et votre pays. Le calculateur montre ce qui reste après TVA et — ce qu'on oublie plus souvent — ce que cela rapporte par mois sur l'argent que vous y avez mis.

TVA sur votre marge
Il vous reste
Par mois sur la mise

La TVA est calculée sur le prix de vente moins le prix d'achat, comme le prescrit l'article 315 de la directive 2006/112/CE : vos frais ne réduisent pas cette marge. Ce qui reste, c'est cette marge moins la TVA moins vos frais. Le troisième chiffre divise ce résultat par votre mise et par le temps — deux pièces au même bénéfice ne se valent pas si l'une reste trois mois et l'autre trois ans. Taux : 20 % en France et au Royaume-Uni, 21 % en Belgique et aux Pays-Bas, vérifiés le 2 septembre 2026 auprès de chaque administration. Il s'agit d'une estimation, pas d'une déclaration.

05

Rotation : l'argent qui dort dans vos rayons

Un stock n'est pas un avoir, c'est de l'argent immobilisé. Tant qu'une pièce est en boutique, vous ne pouvez pas utiliser ce montant pour acheter la suivante. C'est plus net dans l'occasion qu'ailleurs, puisqu'on ne réapprovisionne pas : chaque euro à l'arrêt est un euro que vous ne pouvez pas engager sur une vente aux enchères ou un débarras.

La rotation mesure combien de fois votre stock tourne en un an. Divisez votre valeur d'achat annuelle par votre valeur de stock moyenne et vous avez le chiffre. Divisez 365 par cette rotation et vous obtenez les jours de stock : combien de temps une pièce moyenne reste chez vous. Les deux calculs, avec un calculateur, figurent dans Qu'est-ce que la rotation des stocks ?.

Le bon chiffre dépend de ce que vous vendez

Il n'existe pas de valeur universellement bonne. Le vêtement vintage et le petit mobilier tournent vite et en nombre ; l'antiquité reste plus longtemps et immobilise davantage par pièce. Attendre le bon acheteur n'est pas une erreur en antiquités, c'est le modèle économique — un cabinet qui reste deux ans avant de partir avec une belle marge peut être une meilleure affaire que dix ventes rapides à faible marge.

Ce qui vaut pour tout le monde en revanche : il faut le savoir. La différence entre « ce cabinet est là depuis un moment » et « ce cabinet est là depuis 780 jours et 3 400 euros y sont bloqués » est la différence entre une impression et une décision.

Le stock dormant

Le stock dormant, c'est ce qui traîne depuis longtemps et dont vous supposez sans y penser que cela partira bien un jour. Cela vous coûte deux choses à la fois : l'argent immobilisé et la place occupée. Une fois par trimestre, sortez la liste de tout ce qui dépasse douze mois et décidez pièce par pièce. Il n'y a que quatre issues :

Ajuster le prix

Le prix demandé ne correspond pas au marché. Notez la date de la baisse pour voir, un trimestre plus tard, si elle a servi.

Changer de canal

Ce qui reste en boutique se vend parfois en ligne dans la semaine — et inversement.

Revendre en lot

À un confrère, à un grossiste. Moins de marge, mais l'argent se libère pour quelque chose qui tourne.

La quatrième issue est de garder volontairement. C'est une décision aussi, tant que vous la prenez au lieu de la subir. Sur la part qui dort dans un commerce moyen, voyez Qu'est-ce que le stock dormant ?.

Rythme d'approvisionnement : le point de commande que vous n'avez pas

Dans un commerce ordinaire, un point de commande garde vos rayons pleins. Sur des pièces uniques, il n'existe pas, faute de quoi que ce soit à recommander. Ce qui le remplace est un rythme : combien de pièces devez-vous rentrer par semaine pour garder vos rayons garnis au rythme de vente actuel ? Si vous vendez douze pièces par mois, il vous en faut environ trois par semaine — et c'est ce chiffre qui détermine le nombre de ventes, de débarras et de brocantes à parcourir. Le calculateur correspondant se trouve dans Gestion de stock pour l'antiquité et le vintage.

06

Export : vos données qui sortent, et vos pièces qui passent la frontière

Dans ce métier, le mot export recouvre deux choses, et vous avez besoin des deux. L'une concerne vos données, l'autre vos marchandises.

Faire sortir vos données

Peu importe où vit votre stock, vous devez pouvoir en extraire à tout moment un fichier lisible. Ce n'est pas utile une fois par an mais quatre :

En pratique : choisissez un format lisible par un humain (CSV ou XLSX), vérifiez que les photos suivent ou qu'une référence y renvoie, et faites cet export une fois pour de vrai — pas en lisant sur le site que c'est possible, mais en appuyant sur le bouton et en ouvrant le fichier.

Vos pièces qui passent la frontière

La seconde acception est fiscale. Dès qu'une pièce quitte votre pays, le traitement change, et le régime de la marge y est le plus sensible.

Une vente à un particulier dans un autre pays de l'Union ne change en général pas grand-chose : la pièce reste un bien sous marge et vous décomptez comme chez vous. Une vente à un marchand dans un autre pays de l'Union pose la question de savoir si vous restez sous la marge ou basculez vers le régime ordinaire — l'exonération des livraisons intracommunautaires ne s'applique pas aux biens sous marge. C'est développé dans Vendre un bien sous marge à un marchand étranger. Pour le sens inverse, voyez Acheter dans l'UE : marge ou autoliquidation ?.

Si la pièce quitte l'Union — Royaume-Uni, Suisse, États-Unis — il s'agit d'une exportation. L'exportation hors de l'Union est exonérée, à condition de pouvoir démontrer que les biens ont réellement quitté le territoire. Cette preuve est tout l'enjeu : une déclaration d'exportation, un document de transport, un suivi de colis. Sans preuve, pas d'exonération, aussi réelle que soit la vente.

⚠️ Une question reste ouverte, et nous préférons ne rien écrire plutôt qu'écrire quelque chose de faux : nous n'avons pas pu retrouver auprès d'une source officielle si l'exportation d'un bien sous marge doit être traitée comme une vente sous marge ou comme une exportation exonérée — ni auprès du SPF Finances, ni sur EUR-Lex, vérifié le 31 août 2026. L'écart n'est pas mince : dans une exportation exonérée, aucune TVA sur la marge n'est due. Soumettez ce cas précis à votre comptable avant d'établir la première facture.

Pour le mouvement inverse — acheter au Royaume-Uni et importer dans l'Union — voyez La TVA à l'importation depuis le Royaume-Uni, avec un calculateur du coût réel. Et pour le point de vue britannique, Le régime de la marge au Royaume-Uni.

07

Logiciels : quand un tableur suffit et quand il ne suffit plus

Ce chapitre vient en dernier, volontairement. Qui choisit d'abord un logiciel et construit ensuite sa méthode autour achète presque toujours un outil conçu pour des quantités. Or, sur des pièces uniques, un système qui raisonne en quantités n'est pas un peu gênant — c'est le mauvais outil.

Le tableur est une réponse honnête, jusqu'à un certain point

Un tableur peut tout ce qui précède, légalement parlant. Aucune forme n'est imposée pour vos registres ; un fichier ordonné suffit. En pratique, il bute sur trois points, toujours les mêmes :

La réponse détaillée est dans Un tableur suffit-il pour votre stock ?. En résumé : souvent oui, et plus longtemps que ne le disent les vendeurs.

Là où cela bascule

Il n'existe pas de nombre de pièces au-delà duquel tout casse, mais il y a des signaux. Voyez si vous en reconnaissez trois ou plus :

Vous cherchez plus que vous ne saisissez

Une question de client coûte plus de temps que l'enregistrement de la pièce n'en avait pris.

Plusieurs canaux

Boutique, brocante et en ligne, et vous n'êtes plus sûr qu'une pièce soit encore disponible.

Quelqu'un d'autre travaille avec vous

Dès qu'une deuxième personne doit retrouver quelque chose, votre tête n'est plus un système.

Ce à quoi veiller si vous choisissez quand même

Sept questions. Si un logiciel répond non à plus de deux d'entre elles, il a été conçu pour un autre type de commerce :

  1. Chaque pièce peut-elle porter son propre numéro et sa propre photo, ou le système raisonne-t-il en quantités ?
  2. Une pièce vendue reste-t-elle dans le système, avec tout son historique ?
  3. Sait-il distinguer les biens sous marge des biens sous TVA ordinaire ?
  4. L'étiquette sort-elle du système, avec le prix issu du même champ que votre liste ?
  5. Montre-t-il depuis combien de temps une pièce est là, sans que vous ayez à le calculer ?
  6. Pouvez-vous en extraire un fichier lisible, aujourd'hui même ?
  7. Fonctionne-t-il sur un téléphone, debout à côté d'une armoire dans un débarras ?

Comparez cela à ce dont vous avez réellement besoin dans Quel système convient à votre commerce ? — une aide au choix où la réponse n'est quatre fois pas Vintro Pro.

Au fil de l'année

La chaîne tourne tous les jours, mais il y a quatre moments où l'on prend un peu de hauteur.

Chaque semaine Les nouvelles entrées

Tout ce qui est arrivé est numéroté, photographié et étiqueté. Plus rien ne traîne sur une pile « à faire ».

Chaque trimestre La liste des immobiles

Tout ce qui dépasse douze mois sur une feuille. Une décision par pièce : prix, canal, revente ou conservation assumée.

À chaque déclaration Marge et ordinaire séparés

Les deux flux fournis séparément. La séparation a eu lieu pièce par pièce ; ici, on ne fait que récolter.

Une fois par an Compter et valoriser

Le vrai inventaire. L'écart entre ce qui est là et ce que dit votre système est votre bulletin de l'année.

Là où ça dérape en pratique

Questions fréquentes

Comment tenir le stock d'un commerce d'occasion ?

Pièce par pièce, et non par quantité. Chaque pièce reçoit un numéro propre qui n'est jamais réutilisé, auquel se rattachent au minimum la date d'achat, le nom du vendeur, le prix payé, une description, une photo, le prix demandé, puis la date et le prix de vente. Un logiciel de stock ordinaire raisonne en quantités et en points de commande ; sur des pièces uniques, ces deux notions disparaissent, puisqu'on ne peut pas réapprovisionner. Ce qui les remplace est un rythme : combien de pièces entrent chaque mois face à combien en sortent.

Dois-je séparer les biens sous le régime de la marge dans mon stock ?

Oui. Dans les quatre pays couverts par cette base de connaissances, vous devez pouvoir distinguer les biens relevant du régime de la marge de ceux soumis à la TVA ordinaire. En France, le livre de police — le registre des objets mobiliers — enregistre chaque entrée avec l'identité du vendeur ; la Belgique impose trois registres (arrêté royal n° 53 du 23 décembre 1994), les Pays-Bas un opkopersregister et le Royaume-Uni l'achat et la vente d'une même pièce sur la même ligne. Sans cette séparation démontrable, vous retombez sous le régime ordinaire, avec la TVA sur le prix de vente complet au lieu de la marge.

Que doit-il figurer sur l'étiquette d'un objet d'occasion ?

Légalement, au minimum le prix que le client paie réellement, toutes taxes comprises, lisible et sans qu'il doive le demander. C'est vrai dans les quatre pays, chacun avec son propre texte : en France l'arrêté du 3 décembre 1987, en Belgique le livre VI du Code de droit économique, aux Pays-Bas le Besluit prijsaanduiding producten et au Royaume-Uni la Price Marking Order 2004. En pratique, ajoutez-y le numéro de la pièce : une étiquette qui se détache sans numéro n'est plus rattachable à rien.

Puis-je déduire les frais de restauration de ma marge ?

Non. Votre marge est la différence entre le prix de vente et le prix d'achat, et rien d'autre — article 315 de la directive 2006/112/CE pour les pays de l'Union. Le HMRC l'écrit noir sur blanc pour le Royaume-Uni : le prix d'achat ne comprend pas les frais de réparation, de remise en état ni vos frais généraux, et vous ne pouvez pas les y ajouter. La TVA sur ces frais reste souvent déductible en amont, mais c'est un mouvement distinct. Ne calculez donc jamais une marge dans laquelle vos heures d'atelier sont déjà comptées.

Un tableur suffit-il pour gérer le stock d'un commerce d'occasion ?

Souvent oui, et plus longtemps qu'on ne le croit. Un tableur bascule sur trois points : les photos vivent ailleurs que les chiffres, une pièce vendue est supprimée au lieu d'être clôturée, et le lien entre l'achat et la vente reste manuel. Tant que vous connaissez tout de tête, cela tient. Vers une centaine de pièces, chaque question de client vous coûte deux recherches au lieu d'une, et le tableur commence à coûter de l'argent au lieu d'en économiser.

Rédigé le 8 septembre 2026. L'obligation d'affichage des prix a été vérifiée le 8 septembre 2026 sur legifrance.gouv.fr (arrêté du 3 décembre 1987, LEGITEXT000006057893, art. 1 et 4), economie.fgov.be (livre VI CDE, art. VI.3 à VI.6), wetten.overheid.nl (Besluit prijsaanduiding producten, BWBR0015104, art. 3 et 4) et legislation.gov.uk (Price Marking Order 2004, SI 2004/102, art. 7). La règle selon laquelle les frais ne réduisent pas la marge découle de l'article 315 de la directive 2006/112/CE et de la notice du HMRC sur les régimes de la marge, vérifiées le 8 septembre 2026. Les délais de conservation et les registres par pays ont été vérifiés le 30 août 2026, les taux de TVA le 2 septembre 2026 et le calendrier de la facturation électronique les 30 et 31 août 2026 — chaque fois auprès de l'administration du pays concerné, et développés sur les pages citées ci-dessus.

Ceci est une explication de gestion de stock, pas un conseil fiscal ou juridique. Le régime, le registre et le délai applicables à votre commerce sont à vérifier auprès de votre comptable ou de l'administration fiscale de votre pays.

À lire ensuite

Sept maillons, un seul endroit

Chaque pièce reçoit son numéro, sa photo et sa page. L'étiquette avec QR code sort toute seule, marge et TVA ordinaire restent séparées, et votre liste de stock s'exporte à tout moment.

Gratuit jusqu'à 10 pièces, sans carte bancaire et sans date de fin.