En Belgique, une liste de stock n'est pas une question d'ordre mais une obligation dès que vous appliquez le régime de la marge. Et si vous vendez à l'étranger, chaque pays demande autre chose.
Une liste de ce que vous avez en magasin n'est pas encore une administration de stock.
Qui vend de la seconde main finit toujours par noter quelque chose. Un carnet, un tableur, un dossier de photos sur le téléphone. Cela fonctionne — jusqu'au jour où quelqu'un demande ce que vous avez payé pour cette pièce-là, et quand.
Ce que beaucoup de marchands ignorent : cette question ne vient pas seulement du comptable. En Belgique, votre régime de la marge en dépend. Aux Pays-Bas et en France, c'est une obligation légale distincte, avec son propre nom et ses propres règles. Et au Royaume-Uni, votre régime de la marge en dépend tout autant qu'ici.
Le régime de la marge pour les biens d'occasion, objets d'art, de collection et d'antiquité figure dans l'arrêté royal n° 53 du 23 décembre 1994. Cet arrêté ne donne pas seulement une méthode de calcul — il fixe aussi ce que vous devez tenir.
Il y en a trois, et chacun fait autre chose :
Tout bien que vous voulez vendre sous le régime de la marge doit y figurer. La tenue doit permettre le contrôle des biens et s'articuler avec votre déclaration périodique à la TVA.
Son pendant. Sans les deux ensemble, la marge bénéficiaire ne peut pas être établie — et c'est précisément le montant sur lequel vous payez la TVA.
Le registre qui relie achat et vente. C'est la partie qui coûte le plus de temps à la main, et là où un tableur lâche en premier.
Pas de registres, pas de régime de la marge. Vous retombez alors sur le régime normal — la TVA sur le prix de vente entier au lieu de sur votre marge.
S'y ajoute une obligation qui ne concerne pas la liste mais va de pair : votre facture doit indiquer qu'il s'agit d'une vente sous le régime de la marge, avec la mention que la TVA n'est pas déductible.
Source : AR n° 53 du 23 décembre 1994, commenté par le SPF Finances. Vérifié le 30 août 2026. Ceci est une explication, pas un conseil fiscal — soumettez votre situation à votre comptable.
Si vous vendez aux Pays-Bas ou y achetez, vous rencontrez autre chose. Là-bas, il ne s'agit pas de TVA mais de recel : quiconque fait profession du commerce de biens d'occasion doit s'enregistrer et tenir un opkopersregister — aujourd'hui numérique, le DOR.
Le contenu est concret : la date d'achat, une description de l'objet et le prix de revient. Lors d'un achat auprès d'un particulier s'y ajoutent les données du vendeur. La police et les agents vérifient si vous êtes enregistré ; si ce n'est pas le cas, une amende suit.
Il s'agit donc d'une autre liste que la belge, avec un autre but — mais qui porte en pratique largement sur les mêmes données.
En France, on parle d'un registre d'objets mobiliers, dans le langage courant le livre de police. Quiconque vend de la seconde main à titre professionnel — brocanteur, antiquaire, dépôt-vente — doit le tenir.
Les exigences y sont plus strictes qu'ailleurs, et d'une sévérité d'un autre temps : la nature et les caractéristiques de l'objet, sa provenance, le mode de règlement, ainsi que les nom, prénom et adresse de celui qui vous l'a vendu. À l'encre indélébile, sans blanc, sans rature et sans abréviation. À conserver cinq ans après la clôture.
Trois pays, trois noms, trois objectifs — et pourtant ils demandent en grande partie la même information.
Depuis le Brexit, le Royaume-Uni est un territoire TVA distinct doté de son propre régime de la marge. HMRC n'impose pas de forme : un stock book n'est pas obligatoire, tenir des données de stock l'est. Si vous ne pouvez pas établir votre marge, la TVA est due sur le prix de vente entier.
Ce que HMRC demande par pièce est la liste la plus longue des quatre. Et le plus frappant : achat et vente figurent sur la même ligne.
| À l'achat | numéro de stock en ordre croissant · date d'achat · numéro de la facture d'achat · prix d'achat · nom du vendeur · description |
| À la vente | date de vente · numéro de la facture de vente · prix de vente ou mode de cession · nom de l'acheteur · la marge · la TVA due (un sixième) |
C'est exactement ce que le registre de comparaison belge fait à la main. Le Royaume-Uni le demande d'emblée sur la même ligne.
La conservation est de six ans. Si une pièce reste en stock plus de six ans, vous gardez les données jusqu’à sa vente.
Source : gov.uk, VAT margin schemes — Keeping records. Vérifié le 30 août 2026. Attention : la VAT Notice 718 est encore largement citée en ligne, mais elle a été retirée par HMRC.
Mettez les quatre côte à côte et il reste un noyau dur. Voici ce que vous devez pouvoir montrer par pièce, quoi qu'il arrive :
| Quand vous l'avez acheté | les quatre |
| Ce que c'est, décrit de façon reconnaissable | les quatre |
| Ce que vous avez payé | les quatre |
| À qui vous l'avez acheté | NL, FR et RU |
| À quel prix il est vendu | BE et RU |
| Le lien entre achat et vente | BE et RU |
| À qui vous l'avez vendu | RU |
| Les numéros des factures d'achat et de vente | RU |
Qui est actif dans deux des quatre pays a intérêt à tenir d'emblée la version la plus stricte. Ajouter après coup des données à des pièces déjà vendues n'est plus possible.
Quatre pays, quatre durées. Voici le chiffre dont vous avez le plus souvent besoin et qui ne figure nulle part côte à côte :
comptabilité TVA, article 60 du Code de la TVA
comptabilité TVA ; 10 ans pour les biens immobiliers
après la clôture du livre de police
et davantage tant que la pièce n'est pas vendue
Le délai ne démarre pas partout au même moment. Aux Pays-Bas, il ne court qu'à partir du moment où les données perdent leur valeur d'actualité ; en France, à partir de la clôture du registre. Soumettez votre situation à votre comptable.
Un tableur peut faire tout cela. Le problème n'est pas ce qu'il peut, mais ce qui arrive quand le stock grandit.
Où passe exactement cette limite dépend du nombre de pièces et de leur caractère unique — et la réponse honnête est qu'un tableur suffit souvent, jusqu'à un certain point. Quand Excel suffit, et où cela bascule.
La description est en colonne C, la photo dans un dossier sur votre téléphone. Lors d'un contrôle — ou face à un client qui demande de quelle pièce il s'agissait — il faut rassembler deux choses.
La tentation est grande de supprimer une ligne dès qu'un objet est vendu. C'est précisément là que commence l'obligation de conservation : cinq ans en France, et en Belgique vous avez besoin de cette ligne pour prouver votre marge.
Relier achat et vente, pièce par pièce, période par période. C'est exactement le genre de travail qui traîne jusqu'à ce que le comptable le réclame.
Un prix d'achat manquant ne donne aucun message d'erreur. Vous ne le voyez qu'au moment où vous en avez besoin, et la pièce est alors déjà partie.
Vintro Pro est construit autour de l'idée que chaque pièce a sa propre identité. Pas une ligne dans une liste, mais une fiche à laquelle tout est attaché : photos, date d'achat, prix d'achat, provenance, emplacement, et plus tard le prix et la date de vente.
La liste de stock cesse donc d'être une corvée à part. Elle naît d'elle-même pendant que vous travaillez :
Vous pouvez aussi suivre pas à pas : ajouter une première pièce montre quels champs remplir tout de suite et lesquels peuvent attendre.
La différence n'est pas que vous devez tenir moins. C'est que vous ne l'encodez qu'une seule fois.
Vintro Pro conserve par pièce le prix d'achat, le prix de vente, les photos et l'emplacement — votre liste de stock se construit pendant que vous travaillez.
En Belgique, votre régime de la marge en dépend : l'arrêté royal n° 53 du 23 décembre 1994 exige un registre des achats, un registre des ventes et un registre de comparaison. Sans ces registres, vous retombez sur le régime normal, avec la TVA sur le prix de vente entier au lieu de sur votre marge.
Un registre des achats reprenant chaque bien que vous voulez vendre sous le régime de la marge, un registre des ventes pour ce qui sort, et un registre de comparaison qui relie achat et vente. Ensemble, ils permettent d'établir la marge bénéficiaire.
La date d'achat, une description reconnaissable et le prix d'achat. Aux Pays-Bas, en France et au Royaume-Uni s'y ajoutent les données du vendeur ; en Belgique et au Royaume-Uni également le prix de vente et le lien entre achat et vente.
Un stock book n'est pas obligatoire, tenir des données de stock l'est. HMRC demande par pièce un numéro de stock, la date d'achat, le numéro de facture, le prix d'achat, le nom du vendeur et une description — et à la vente la date, le numéro de facture, le prix de vente, le nom de l'acheteur, la marge et la TVA. Achat et vente y figurent sur la même ligne.
En France, cinq ans après la clôture du registre ; au Royaume-Uni, six ans — et plus longtemps si la pièce n'est pas encore vendue. En Belgique, vous avez besoin des données aussi longtemps que vous devez pouvoir prouver votre marge : supprimer une pièce vendue n'est donc pas une bonne idée.
La loi n'impose pas de forme particulière, donc en principe oui. En pratique il trébuche sur trois choses : les photos sont ailleurs, les pièces vendues sont supprimées, et le registre de comparaison reste du travail manuel.