En micro-entreprise, vos cotisations ne suivent pas votre bénéfice. Elles suivent votre chiffre d'affaires — et pour un brocanteur, cela change tout.
Cette page calcule pour la France. Les taux, seuils et obligations ci-dessous valent pour une entreprise immatriculée en France. La version néerlandaise de cet article calcule pour la Belgique et la version anglaise pour le Royaume-Uni : ce sont trois systèmes différents, pas trois traductions.
La question n'est pas « combien je gagne », mais « sur quoi suis-je taxé ».
Un salarié raisonne en net. Un brocanteur doit raisonner en trois chiffres à la fois : ce qu'il encaisse, ce qu'il a payé pour la marchandise, et ce que l'administration considère comme son revenu. En micro-entreprise, ce troisième chiffre n'est pas celui que vous croyez.
Vos cotisations sociales sont un pourcentage de votre chiffre d'affaires encaissé, pas de votre marge. Deux brocanteurs qui dégagent le même bénéfice paient donc des cotisations différentes : celui qui achète cher et vend cher en paie davantage, parce qu'il encaisse davantage.
C'est l'inverse de la Belgique, où les cotisations portent sur le bénéfice. Ce n'est pas un autre taux : c'est une autre base de calcul.
Pour une activité d'achat-revente — c'est celle du brocanteur, de l'antiquaire et du vintage — le régime micro-BIC tient en trois nombres.
Pour un brocanteur qui achète 40 et revend 120, la marge réelle représente les deux tiers de ce qu'il encaisse, tandis que l'administration n'en impose que 29 %. L'abattement forfaitaire joue donc souvent en votre faveur dans ce métier — c'est précisément pour cela qu'il vaut la peine de savoir ce que vous encaissez réellement, pièce par pièce.
Un brocanteur en micro-entreprise, activité principale, une part fiscale. Il encaisse 60 000 € sur l'année et a payé 20 000 € de marchandise.
| Chiffre d'affaires encaisséce que les clients vous ont payé | € 60 000 |
| Achats de marchandisesce que vous avez payé pour les pièces vendues | − € 20 000 |
| Frais fixesemplacements, camionnette, assurance, téléphone | − € 6 000 |
| Cotisations sociales12,3 % de 60 000, donc du chiffre d'affaires et non de la marge | − € 7 380 |
| Revenu imposable retenu29 % de 60 000, après l'abattement forfaitaire de 71 % | € 17 400 |
| Impôt sur le revenu11 % sur la part au-dessus de 11 600 €, une part fiscale | − € 638 |
| Ce qu'il vous resteenviron € 2 165 par mois | € 25 982 |
Ramené à la semaine, il faut vendre pour environ 1 150 € chaque semaine de l'année pour arriver là. Si vos pièces partent en moyenne à 120 €, cela fait une dizaine de pièces par semaine — et une armoire à 600 € compte autant que cinq petits objets.
En micro-entreprise, vos droits à la retraite dépendent du chiffre d'affaires encaissé. Une année creuse ne valide pas les quatre trimestres. Qui veut corriger cela met de côté lui-même.
Si vous vous arrêtez, vos encaissements s'arrêtent avec vous. Les indemnités journalières existent, mais elles se calculent sur un revenu déjà abattu de 71 % : elles sont donc modestes.
C'est la vraie particularité du métier. Un bon mois de chine signifie que vous avez beaucoup acheté, donc que votre compte est vide. Prévoyez de quoi vivre trois à six mois sans vendre une seule pièce.
Un point souvent oublié : si vous vendez via une plateforme en ligne, celle-ci signale vos ventes à l'administration dès 30 ventes ou 2 000 euros par an — avant même toute inscription de votre part. Ce que signifie ce signalement, et quand vous êtes vraiment professionnel.
L'immatriculation se fait sur le guichet unique des entreprises. Vous obtenez un numéro SIRET et un code APE. Faites couvrir l'activité assez largement : commerce de détail de biens d'occasion, et la vente sur les marchés si vous comptez tenir un stand.
Contrairement à la Belgique, où l'autorisation d'activités ambulantes a été supprimée, la France maintient une carte de commerçant ambulant pour qui vend hors de sa commune de domiciliation. Elle se demande au CFE et vaut quatre ans. L'emplacement, lui, se règle avec la mairie ou l'organisateur.
C'est l'obligation que les nouveaux brocanteurs découvrent trop tard. Le registre des objets mobiliers — le livre de police — est obligatoire pour qui achète des objets d'occasion pour les revendre : identité du vendeur, description de l'objet, prix, date. Il est tenu à disposition de la police et de la gendarmerie, sans délai.
Ce que le registre doit contenir, pays par pays, est détaillé dans votre liste de stock n'est pas encore une administration. Et pour clôturer une période de déclaration pas à pas : le guide TVA sur la marge par période.
Quand vous achetez à un particulier, il n'y avait pas de TVA sur l'achat : vous ne pouvez donc rien récupérer. Le régime de la marge bénéficiaire, prévu à l'article 297 A du Code général des impôts, fait porter la TVA sur votre seule marge et non sur la totalité du prix de vente. Il vise les biens d'occasion, objets d'art, de collection et antiquités achetés auprès d'un non-redevable.
La TVA ne peut pas être mentionnée séparément sur la facture. Sans document d'achat, la marge tombe. Plus à ce sujet dans qu'est-ce que la TVA sur la marge et que sont les biens sous le régime de la marge.
En micro-entreprise, on démarre en général en franchise en base : pas de TVA facturée, pas de TVA récupérée. Les seuils ont bougé récemment et le sujet est resté en discussion : ne vous fiez pas à un chiffre trouvé sur un forum, vérifiez le seuil en vigueur sur service-public avant de facturer.
Si vous vendez via Vinted, eBay, Etsy, Selency ou Catawiki, ces plateformes transmettent vos données à l'administration fiscale au-delà de 30 ventes ou 2 000 € par an. Vider son grenier n'est pas du commerce ; acheter pour revendre, si — même à petite échelle.
Vérifié le 1er septembre 2026 sur service-public.gouv.fr : le taux de 12,3 % et l'absence de cotisations sans chiffre d'affaires (régime micro-social), l'abattement de 71 % et le plafond de 203 100 € (régime fiscal de la micro-entreprise), et le barème de l'impôt sur le revenu 2026 applicable aux revenus 2025, page mise à jour le 15 avril 2026. Les montants sont réindexés chaque année : si quelque chose ne correspond plus, faites-le savoir.
Ceci est une information générale fondée sur des sources publiques, et non un conseil fiscal ou juridique. Confrontez toujours votre situation à votre expert-comptable, à l'URSSAF ou aux impôts.
plus l'impôt sur 29 % du chiffre d'affaires après abattement forfaitaire. Sans vente, pas de cotisation. C'est ce que calcule cette page.
plus l'impôt des personnes physiques en quatre tranches, et une cotisation minimale due chaque trimestre même sans vente. Voir la version néerlandaise.
income tax plus National Insurance classe 4 sur le bénéfice, avec une personal allowance. Voir la version anglaise de cette page.
1.200 € de déduction, puis 12,7 % exonérés, et la box 1 ensuite. Elle a sa propre page.
Vintro Pro tient votre stock, votre registre d'achats et votre TVA sur la marge, et imprime vos étiquettes. Exactement la paperasse dont parle cet article.
Gratuit jusqu'à 10 pièces, sans numéro de carte et sans date de fin.
12,3 % du chiffre d'affaires encaissé pour la vente de marchandises, en 2026. Le pourcentage porte sur ce que vous encaissez, pas sur votre bénéfice : deux brocanteurs avec le même bénéfice mais des prix d'achat différents ne paient donc pas la même chose.
Sur 29 % de votre chiffre d'affaires. L'administration applique un abattement forfaitaire de 71 % pour la vente de marchandises, quelle que soit votre marge réelle. Ce revenu imposable passe ensuite au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Non. Sans chiffre d'affaires, il n'y a pas de cotisations à payer, sauf si vous avez opté pour les cotisations minimales. C'est une différence de fond avec la Belgique, où un indépendant à titre principal doit une cotisation minimale chaque trimestre, même sans vente.
203 100 euros hors taxes en 2026 pour les activités commerciales de vente de marchandises. Au-delà, vous basculez vers le régime réel, où vos charges réelles remplacent l'abattement forfaitaire.
Sur votre marge, si vous relevez du régime de la marge bénéficiaire prévu à l'article 297 A du Code général des impôts. Il vise les biens d'occasion, objets d'art, de collection et antiquités achetés à un non-redevable de la TVA. Sans document d'achat, la marge tombe et la TVA porte sur la totalité du prix de vente.